La guerre spatiale

Editorial du 14/3/2021

Le 12 mars, la France lançait son premier exercice de guerre spatiale baptisé AsterX, clin d’œil au premier satellite français Astérix. La guerre dans l’espace n’est plus de la science-fiction. Cependant, il ne faut pas s’attendre à voir prochainement des combats de vaisseaux spatiaux à coup de canon laser.

La guerre spatiale peut avoir différents objectifs. Il peut s’agir de priver un État de ses moyens de communication et d’observation. Le téléphone, Internet, mais aussi les prévisions météorologiques, les calculs de coordonnées géographiques pour les systèmes de guidage, les photographies de la Terre nécessitent des satellites. En détruisant ceux-ci ou en les neutralisant provisoirement, un pays peut prendre l’avantage sur un autre ou le paralyser momentanément. Il n’est pas question d’envoyer des missiles de la Terre vers l’espace car les dégâts pourraient être considérables : satellites amis détruits, débris éparpillés… Il est plutôt question de satellites munis d’un bras articulé qui pourraient déplacer d’autres satellites, les endommager ou les aveugler à l’aide d’un laser.

Les grandes puissances se préparent : les États-Unis en tête, suivis de la Chine et de la Russie. La France serait quatrième. Pour l’instant chacun montre ses muscles et essaie d’impressionner les autres en démontrant ses capacités. Les États-Unis, la Chine, la Russie et l’Inde auraient des missiles capables d’atteindre des satellites ennemis même si cette option est hasardeuse comme nous l’avons dit plus haut. La Russie et la Chine auraient des satellites de combat. Nous écrivons au conditionnel, car, pour le moment, on n’a pas vraiment vu de matériels en action. Un autre moyen plus classique de causer des dommages à l’ennemi consisterait à détruire un centre de contrôle qui pilote à distance des satellites (cf.  marianne.net/societe/defense/guerre-spatiale-on-est-loin-de-star-wars).

La guerre spatiale pourrait aussi être économique et technologique : les Chinois et les Russes semblent se préparer à l’installation d’une base lunaire. En vue de l’exploitation de minerais ? La question se pose alors : qui est propriétaire de l’espace et de ses ressources ? Envoi de vols habités vers Mars pour y installer une base : quelle puissance sera la première à réussir ? Quels moyens vont être engagés dans ces opérations malgré la crise ? Nous posons des questions dont les réponses seront sûrement apportées au cours de la prochaine décennie.

Régis Arnaud

Alliance royale
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